Samedi 21 novembre 2020 en l’Espace Saint-Jacques  à 18h00

L’auteur : Liza Terrazzoni est sociologue à l’École des hautes études en sciences sociales. Après avoir été chercheuse au CADIS, Centre d’analyse et d’intervention sociologiques, elle est aujourd’hui af liée au CEMS, Centre d’étude des mouvements sociaux. Ses travaux portent sur les relations interethniques et les circulations migratoires en Méditerranée (notamment les migrations de l’Europe vers le Maghreb).

La Corse est-elle le lieu d’une xénophobie ou d’un racisme spécifique ? La question agite régulièrement l’opinion publique et les médias. Elle est ici abordée avec rigueur, loin des émotions et des effets de l’actualité. À partir d’une enquête sociologique menée dans les années 2000, l’auteure traite du racisme et des logiques d’exclusion du point de vue des « relations interethniques ».

En décrivant la place des appartenances ethniques dans les rapports sociaux, en centrant le regard sur l’immigration maghrébine, elle interroge les fondements sociaux, historiques et politiques des relations actuelles entre les « autres » et les « Corses », « eux » et « nous », sur le territoire insulaire. En accordant une place importante à l’histoire et en offrant une plongée au cœur des structures anthropologiques de la société corse, elle décrit comment les catégories « Maghrébin », « étranger » et « Corse » ont émergé et organisent aujourd’hui, pour une part, les rapports sociaux.

L’ouvrage interroge également les liens entre racisme et nationalisme. Il montre comment les paradigmes nationalistes, fondés sur la mise en exergue de l’identité corse, menacée et minorisée, assortis de leurs logiques violentes, servent de support à des formes d’oppression des immigrés et de leurs descendants.

Malgré une intense couverture médiatique, les migrations, les violences et faits dits « racistes » en Corse ont peu retenu l’attention des sciences sociales. Pourtant, l’île s’impose comme un lieu d’observation privilégié avec un peu plus de 9 % de la population insulaire qui est de nationalité étrangère (dont la moitié est marocaine, tunisienne et algérienne).

Ce livre s’empare de ces thèmes et, avec les outils de la sociologie, tente de mettre en lumière et en perspective des dynamiques sociales qu’il semble aujourd’hui, plus que jamais, nécessaire de comprendre.