Matthieu Ghilardi – Chargé de Recherche CNRS – Géographe géomorphologue et géoarchéologue. Laboratoire CEREGE, Aix-en-Provence.

Espace Saint-Jacques Bonifacio – Vendredi 29 janvier 18h00

Titre : « Mobilité des paysages littoraux dans l’extrême sud de la Corse au cours des derniers millénaires : quelles relations avec les populations humaines ? »

Dans le cadre de la publication de l’ouvrage intitulé « Lagunes et marais littoraux de Corse : de la Préhistoire à nos jours » (Éditions ARAC, Orma : la Corse archéologique), Matthieu Ghilardi, Chercheur au CNRS, détaillera plus particulièrement les données relatives à l’évolution des paysages dans l’extrême sud de la Corse obtenus dans le cadre de plusieurs programmes de recherche financés conjointement par la DRAC de Corse et le CNRS (programme national MISTRALS).

Les résultats obtenus dans la région comprise entre Figari, Porto Vecchio, Bonifacio et l’Archipel des Lavezzi révèlent une occupation humaine très ancienne, s’affirmant à la fin du Mésolithique quand le niveau de la mer était situé à environ une dizaine de mètres plus bas qu’actuellement. Depuis le début de l’Holocène, il y a environ 10 000 ans, des populations ont fréquenté et aménagé l’espace en constante mobilité paysagère et environnementale. Cependant, ce type d’informations est faiblement documenté à l’échelle des sites archéologiques et seule une approche paléoenvironnementale régionale a permis de pallier ces lacunes relatives à la connaissance des interactions entre les hommes et leurs environnements.

L’objet de cette conférence est de présenter les résultats qui ont été acquis grâce à l’analyse de carottages prélevés dans les zones humides littorales des différentes micro-régions précitées. Parmi les résultats les plus significatifs, on peut noter l’existence d’une forêt composée de bruyères qui devait venir jusqu’au bord des anciennes positions du rivage, la première évidence d’une pratique agricole en Corse vers le milieu du VIe millénaire avant notre ère dans le secteur de Piantarella mais aussi l’identification de la céréaliculture dans la plaine littorale de l’Osu au cours du Néolithique final mais aussi de manière antérieure et contemporaine de l’époque romaine.