Du mercredi 1er juillet au mercredi 29 juillet de 10h à 13h et de 15h à 18h : Les artistes peintres Nicolaï Kouzmine et Antò Tomasini exposent leurs toiles à l’Espace Saint-Jacques.
Nikolaï Vassiliévitch Kouzmine
Nikolaï Vassiliévitch Kouzmine, figure emblématique de l’art russe, s’est éteint à l’âge de 87 ans – le 24 décembre 2025. Son œuvre est profondément enracinée dans les traditions de l’art populaire de son pays. Ce lien ne doit rien au hasard : né le 14 août 1938 dans la région de Nijni Novgorod, il sort diplômé de l’école des beaux-arts de Pavlovo-sur-Oka, ville riche d’histoire, en 1959, avant de parfaire sa formation au sein de l’université d’État des Arts Stroganov de Moscou en 1970.
Maître fort de plusieurs décennies d’expérience, Kouzmine consacre l’essentiel de son travail à la nature de sa terre natale. Il possède un regard singulier sur le monde, affirmant un jour : « Je ne peins pas les contours extérieurs de la nature, mais la beauté elle-même ». Grâce à un langage pictural original, il peint avec un sentiment profond d’émerveillement face au spectacle de la nature.
Dès 1970, il devient un participant actif des expositions d’art. Au fil du temps, des motifs européens viennent enrichir ses thèmes de prédilection — la nature et l’architecture russes — apportant à sa palette une plus grande diversité chromatique. Son expérience picturale dans des pays différents, notamment au Danemark, en Angleterre, en France et en Croatie, l’amène à explorer de nouvelles formes sculpturales et plastiques. À travers un style expressif de peinture d’après nature, il parvient à créer des œuvres d’une subtilité remarquable, où l’usage de la couleur traduit une émotion profonde.
Il achève généralement une toile en une seule séance, afin de préserver la fraîcheur et la spontanéité de sa perception intérieure. L’aisance apparente de ses œuvres est le fruit d’une haute maîtrise technique et d’un considérable travail préparatoire, incluant croquis et études à l’aquarelle.
Évoquant sa démarche, Kouzmine souligne que sa méthode ne s’écarte jamais des lois fondamentales et ancestrales de la peinture : « J’ai cherché à comprendre ces lois, ces courants et ces écoles à travers ma propre vision et mon expérience concrète de la nature. » Parallèlement à sa maîtrise des lois de la couleur, de l’harmonie, de la lumière et de la composition, Kouzmine s’attache à développer son propre style ainsi qu’un travail spécifique sur la surface et la texture de ses toiles. Il voit dans cette texture le reflet de sa propre personnalité, une signature subjective et un trait caractéristique de son œuvre.
La peinture de Kouzmine se définit avant tout par une volonté d’exprimer les élans du cœur. Pour reprendre ses propres mots, chacune de ses œuvres est une expression de gratitude pour la beauté qu’il a eu le privilège de contempler.
« Le monde de la peinture (Mir jivopisi) », revue de l’Union moscovite des artistes (M.S.H.)
ALEXANDRE ZABELLO (ami de l’artiste et poète)
À NIKOLAÏ KOUZMINE:
La lumière coule, don céleste,
remplissant tout de sens sur Terre :
la création de l’esprit curieux,
notre quotidien, les motifs sur le verre.
Enflammé par les sentiments que procure la lumière,
tu t’illumines de l’intérieur,
comme si tout autour de toi étaient des poètes,
des artistes, des chanteurs, des héros.
Ravi de ce qui se passe,
tu te tais pour prolonger cet instant,
pour ressentir la certitude de la liberté
et transformer ta palette en un jardin fleuri vivant.
Chargé de l’énergie du Soleil,
tu donneras à la toile la chaleur de ton âme,
et la force vivifiante de la créativité
se précipitera dans le cœur des spectateurs.
Tu nous accueilleras avec un sourire ouvert,
créateur de ces tableaux joyeux,
marchant sur une orbite si singulière,
le grand maître Nikolaï Kouzmine.
1992.
Antò Tomasini
Antò Tomasini est né à une époque d’espérance à Bastia et grandit auprès d’un père poète. Citoyen de l’île de Beauté, il entretient, comme tout insulaire, une passion pour l’histoire et les paysages de son île, ce qui développe très tôt sa sensibilité artistique et le pousse à vouloir exprimer les émotions qu’il puise dans le décor riche et lumineux de la Méditerranée.
Dessinateur de formation, il mêle dessin technique et artistique dans un cabinet d’architecte et ne se met à la peinture qu’à la fin de ses études. D’emblée, la gestuelle picturale lui semble familière et agréable. II reproduit d’abord les tableaux du musée Fesch d’ Ajaccio, puis témoigne de la beauté des paysages qui l’entourent à la manière des impressionnistes ; jusqu’au jour où il reste bloqué devant une toile aux contours préalablement tracés. Ce n’est qu’en déstructurant l’œuvre qu’Antò réussit à l’achever. II franchit alors un cap et entame une réflexion qui le conduira à ne s’adonner qu’à l’abstraction. Autodidacte, il a su exprimer librement toute la brutalité artistique qui se trouvait en lui et la rendre palpable, notamment dans ses premières œuvres. Par la suite, son intérêt pour l’histoire de l’art, sa collaboration avec un essayiste et la participation à des conférences en tant qu’intervenant, ont enrichi ses connaissances et assis sa démarche artistique.
L’artiste intellectualise désormais davantage sa peinture. Ses sujets sont réfléchis, étudiés et élaborés. « Paysage et histoire », « Réflexion sur la guerre » , « Aux sources de l’idée », « Dans la lumière du temps », autant de thèmes et de séries de tableaux ayant un point commun : la référence à l’Histoire et l’appel à la mémoire. Ses œuvres, peintes à l’huile, aussi bien sur toile que sur bois, papier ou carton, cherchent toujours à exprimer une émotion plutôt qu’à restituer une ressemblance… Pour « Réflexion sur la guerre » par exemple, il effectue un travail de recherche, croise lettres et témoignages de soldats afin de capter l’atmosphère de la guerre de 1914-18. Antò Tomasini s’attache à nous donner une vision entière et profondément sincère d’évènements ou de personnages marquants, dans le but de consolider notre projection dans l’avenir.
Entrée Libre