*Samedi 2 juillet à 18h à la médiathèque :  Présentation de l’ouvrage de Jean Christophe Scamaroni : « la fleur rouge a disparu » par Alain Di Meglio

La Marine de Bonifacio est plus qu’un quartier. Ce bourg, moins habité que la citadelle, fait d’entrepôts et dédié au commerce aux temps génois, devient une communauté de pêcheurs issus, pour nombre d’entre eux, du golfe de Naples. On leur a donné le nom de Marinaggi.

Ils s’installent sur le port tout au long du XIXe siècle et donneront naissance à une culture hybride, faite d’intégration à la vie bonifacienne et de substrats corses, napolitains et gallurais.

Dans la première moitié du XXe siècle, les enfants de ces pêcheurs, à l’instar de nombre de Corses, céderont à la tentation du départ sur le continent ou dans les colonies, fuyant souvent les difficiles conditions de vie et les aléas de la vie de pêcheur.

Christophe Scamaroni fait partie d’une troisième génération. Il est né le 3 avril 1947 et grandit à Nice où son père, issu de cette communauté de la Marine, s’était installé. Il devient professeur agrégé de lettres classiques et, de sa plume trempée d’une saine nostalgie, il raconte les retours à Bonifacio durant les périodes de vacances. Un peu comme Pagnol a narré La Treille, Christophe Scamaroni met dans une superbe littérature de souvenirs, cette page de l’histoire de Bonifacio, celle de ces « estivants » issus de la diapora bonifacienne.

Pour la Marine, ils venaient pour la plupart des grands ports du sud de France : Marseille, La Ciotat ou Nice par exemple. Même s’ils avaient fait autre chose de leur vie, ils demeuraient marins dans l’âme et ne pouvaient se passer de la vie bonifacienne, si forte de traditions ou de bonheurs simples liés à la généreuse et belle nature des lieux.

Christophe nous a malheureusement quittés trop tôt en 2018. Ce qu’il nous laisse ici, c’est un récit où nombre de Bonifaciens remettront les pas de leur enfance. Pour les autres, il constitue un témoignage magnifiquement raconté qui livre une part, intime mais importante, de l’histoire du XXe siècle, bonifacien et corse, dont il reste encore bien des pans à écrire.

Alain Di Meglio