Suite à l’après-midi d’échange puis à la réunion publique qui se sont tenues ce mardi 21 mars dernier, retour sur le contexte de l’étude menée et sur les résultats de la première phase qui ont été présentés au public, venu en nombre prendre connaissances des mesures prises par l’Etat et la commune.

Une étude initiée par les services de l’Etat

En raison d’éboulements de plus ou moins grands volumes constatés à différents points des falaises, le dernier en date du mois de janvier 2022 au niveau de la plage des 3 Pointes, l’État mobilise depuis 2018 les opérateurs nationaux experts dans le domaine pour mener une étude vis-à-vis du risque de mouvement de terrain, dans l’objectif de protéger les habitants, professionnels et visiteurs de Bonifacio.

Cette étude se décompose en plusieurs phases temporelles et géographiques : la première, dont les résultats ont été présentés cette semaine, concernait la zone de la Citadelle.
Les différents bureaux d’études missionnés ont travaillé de concert avec les services de la commune pour étudier les phénomènes de mouvement de terrain, dont les plus importants n’ont à ce stade jamais eu lieu sous les zones habitées de Haute-Ville.
Le Maire, Jean-Charles Orsucci, avait par ailleurs alerté les différentes parties prenantes sur le risque d’un principe de précaution démesuré pris par l’Etat après le lancement de l’étude, alors que la Préfète de Corse Josiane Chevalier, avait à l’époque – en 2019 – tenu des propos rassurants.
Soucieux du devenir de ces étude, a demandé aux équipes et notamment les scientifiques la plus grande implication pour tenter de trouver les solutions les plus adaptées, dans la mesure où le droit français l’oblige à gérer cette problématique.
Il n’est en effet pas possible de laisser les citoyens choisir de continuer à occuper ou non les lieux, avec par exemple la signature d’une décharge pour assumer l’entière responsabilité de leur choix.

Résultats de la première phase « Citadelle »

La réunion publique de ce mardi avait donc pour objectif de présenter les résultats de cette première phase d’étude, les mesures prises par l’État et la mairie, et celles qui restent à prendre.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que les experts n’ont pas conclu à un « péril imminent » sur l’ensemble du périmètre étudié. En revanche, il a été identifié un« aléa fort caractérisé » pour la zone de la place du Marché et de la place Manichella, qui pourront continuer à être visitées, avec des mesures préventives supplémentaires à prendre de la part de la commune.

Pour la place du Marché, il sera nécessaire de rajouter un recul d’environ 5m vis-à-vis du parapet, et donc de modifier la physionomie de la place, en supprimant notamment le boulodrome actuellement en place. Les services de la commune, avec l’appui de l’Architecte des Bâtiments de France, réfléchissent à de nouvelles options d’aménagement, qui seront présentées rapidement à la population.
Pour la place Manichella, il sera simplement nécessaire d’installer un dispositif de fermeture de la place qui sera utilisé lors des évènements météorologiques importants.

Pour ce qui est des habitations sur zone en revanche, il a été déterminé qu’il n’était à ce jour pas scientifiquement possible de prévenir – et donc d’annoncer – un éventuel mouvement de terrain, ce qui oblige l’Etat à réduire le risque permanent, et à caractériser ces dernières comme « inhabitables ».
Le Maire a exprimé son regret quant à la décision prise par l’Etat qui a signé en octobre 2022 des arrêtés d’expulsion à destination des propriétaires des immeubles situés sur les parcelles AC 0267 et 0274, soulignant qu’il était « très compliqué de demander à de vieilles familles, installées depuis des générations de partir ».
A noter que cette décision prise par le Préfet de Corse « peut sembler draconienne, mais est nécessaire » selon le Sous-Préfet de Sartène, Gaël Rousseau, présent lors de la réunion publique. Du côté de la communauté scientifique, le sentiment est plutôt clair : les décisions prises sont cohérentes avec les résultats des études. Au regard de la faisabilité technique et du coût des éventuelles opérations, il n’y avait pas de possibilité de conserver les places en leur état actuel, et surtout de laisser les logements habités. Cette décision a été confirmée par le Sous-Préfet, qui a clairement exprimé lors de la réunion publique qu’il n’y avait « à ce jour pas de solution technique pour assurer la sécurité des habitants de ces deux immeubles » .Ainsi, pour la maison dite « de Marie-Josée Nat », bien connue des bonifaciens comme des visiteurs, il est question que la commune en fasse « un lieu de mémoire, ouvert à quelques occasions chaque année, en raison de son intérêt patrimonial », a annoncé mardi M. le Maire.
Pour l’autre bâtisse, aucune mesure n’a été annoncée lors de la réunion publique, mais le Maire a bien rappelé qu’il souhaitait « aider au mieux les pétitionnaires, notamment pour qu’ils soient indemnisés à juste hauteur ».Malgré tout, l’Etat à travers l’actuel Sous-Préfet Rousseau, est dans de bonnes dispositions pour accompagner la commune de Bonifacio à gérer de manière pragmatique le risque jusqu’aux début des travaux.

Lancement de la deuxième phase d’étude

Cette rencontre a aussi permis de faire le point sur la deuxième phase, lancée en 2021, sur l’autre partie en surplomb entre la place Manichella et l’escalier du Roy d’Aragon pour laquelle les résultats seront connus en 2024.
Parallèlement, un plan de prévention des risques mouvements de terrain sera mis en place d’ici à 2025, sur l’ensemble de la commune.

Là encore, le Maire est très attentif à ce que « les parapluies ne soient pas ouverts » sur des secteurs qui touchent directement de nombreux commerces et habitations à résidence principale. Il continuera à veiller à ce que les décisions de protection des citoyens prises soient cohérentes avec l’identité de la Ville et permettent de maintenir le caractère patrimonial, économique, sociologique de la cité.