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Cité Gênoise, ville médiévale

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Le Gibraltar de la Corse


Au Moyen-âge, Bonifacio était une base quasi imprenable, facile à défendre aussi bien du côté terrestre que maritime.
Ce " Gibraltar corse " suscita de nombreuses convoitises et notamment celles de Pise et de Gênes qui se le disputèrent longtemps.
Mais ce fut Pise qui l'occupa la première.

Gênes dut attendre la fin du XIIe siècle pour se rendre maîtresse des lieux, un peu parce que le site, par sa position stratégique, lui convenait mais surtout à cause des attaques perpétrées par les pirates pisans qui depuis Bonifacio, écumaient le détroit et s’attaquaient à leurs navires.
 

Les Génois chassèrent donc les pisans de Bonifacio et y installèrent une colonie de 1200 membres, tous des volontaires ligures représentant divers corps de métier. Petit à petit ils développèrent la cité vers l’est où existaient déjà des constructions dont l’église Sainte Marie-Majeure et aussi des petites rues puisque la « platea longa » (la rue longue) est mentionnée en 1238. Le castello génois fut progressivement entouré de remparts de plus de 2 kms de pourtour.
La république de Gênes accorda ensuite aux nouveaux habitants de nombreux privilèges : exemption d’impôts, prime aux familles nombreuses, elle dota la ville de statuts qui donnèrent à Bonifacio une certaine autonomie . Toutefois dans le domaine de la défense elle dépendait de la « Serenissima Republica »
Un peu plus tard (XIV°) eut droit de battre monnaie ( monnaie génoise sur frappée de la lettre B) mais aussi monnaie bonifacienne fabriquée sur place.

 

Les sièges mémorables, le Roi d'Aragon....

 

Au printemps de l'année 1420, Alphonse V, roi d'Aragon, alors maître de la Sardaigne vint mettre le siège devant Bonifacio. La prise de cette place forte pouvait le rendre possesseur de toute la Corse, bien que Calvi ait résisté.
Il était loin de se douter de l'héroïsme des Bonifaciens. La population prêta main forte à la garnison. Ceci se solda par un échec


133 ans après, Dragut

 

En 1533, Paul de Thermes avait chargé l'ancien corsaire Dragut, amiral de la flotte turque de faire le siège de Bonifacio et y envoya quelques compagnies de Corses et de Français.
Le débarquement se fit au golfe de Santa Manza.

La résistance des Bonifaciens fut une fois de plus, des plus louables mais l'ennemi, cette fois, était le plus fort. Il fallait capituler. Ajoutons à cela la trahison de l'envoyé de Gênes, Cattaciolo acquis à la cause des Français.

Le gouverneur de Bonifacio consentit à livrer la ville à condition que les habitants et la garnison aient la vie sauve.

Confiée aux seuls Français, ces derniers procédèrent à des travaux de modernisation des fortifications. Les murailles furent renforcées par des remparts de terre, des terre-pleins aménagés sur les courtines, des tours (les principales) transformées en bastions. "C'est cette fortification commencée par les Français et terminée par les Génois que l'on peut encore admirer aujourd'hui".
En 1559 (Traité de Cateau Cambresis), les Français s'en vont. Bonifacio est restituée aux Génois.

 

La peste de 1528

 

Avant ce dernier siège, la ville de Bonifacio eut à souffrir d'une épidémie de peste dévastatrice.

Les Bonifaciens commençaient à peine à se remettre du mémorable siège de 1420 et la vie s'écoulait, paisible.
Hélas un terrible fléau allait ravager la population : la peste. Cette maladie fit plus de victimes que les escopettes et les bombardes du Roi d'Aragon.
En 1768 comme tout le reste de l’île, Bonifacio la génoise devint française perdant de ce fait de nombreux privilèges accordés par gênes. Elle défendit avec acharnement son ancienne position auprès de la tutelle. En vain.

Les Bonifaciens étaient sous la protection du roi de France, ceux qui refusaient leur nouvelle situation étaient invités à s’en aller… à Gênes.

 

Bonifacio anglaise

 

En 1793 l’histoire de la ville est marquée par l’attaque des troupes révolutionnaires françaises contre l’archipel de la Maddalena à laquelle devait prendre part Bonaparte, après un plan d’attaque établi par le député extraordinaire Bonifacien Antoine Constantini.

Le plan d’attaque prévoyait un débarquement sur les îles de la Maddalena et Caprera, puis une avancée sur le Nord de la Sardaigne et la prise de Sassari.
Une autre expédition devait avoir lieu simultanément vers le sud de la Sardaigne avec pour objectif la prise de Cagliari. La résistance des Sardes fut étonnante. La première occasion de gloire offerte au courage de Bonaparte était anéantie. Ce fut la retraite honteuse et humiliante.
Cette bataille de la Maddalena devint pour la plupart des historiens « la malheureuse expédition de la Maddalena »

 

Lent déclin, pénible renouveau

 

Si au XIXe siècle, Bonifacio connut un certain renouveau dans le domaine agricole, la situation devait changer lorsque survint le phylloxéra qui anéantit tous les espoirs.
La culture des oliviers permettait à la région de produire 5000 hectolitres d’huile par an.
Il existait également une thonaire dans le golfe de Ventilegne, des fabriques de pâtes alimentaires, une fabrique de bouchons de liège qui étaient parmi les quatre plus importantes de France, la pêche au corail qui fut florissante pendant toute la première moitié du XIXe siècle.
Brusquement tout devait basculer, toutes les sources de travail et de richesses se trouvèrent taries. L’exode de la population était inévitable, surtout vers Marseille. Le coup de grâce fut la guerre de 14-18 et ses conséquences.
En tant qu’importante ville de garnison, Bonifacio tenait le coup.

Aujourd’hui grâce au tourisme, Bonifacio tente de se « refaire une santé ». La ville historique attire des centaines de millier de touristes par an, ce qui fait d’elle le centre le plus visité de la Corse.
Elle est également au premier rang de la fréquentation des bateaux de plaisance et au second rang après Ajaccio pour l’accueil des navires de croisière.
Ce port de pêche toujours important (siège de la prud’homie et du Bureau des Affaires maritimes) bénéficie d’un trafic quotidien avec la Sardaigne toute proche (14 kms de distance). Avec 300 000 passagers par an, Bonifacio est le 3° port commercial de l’île après Bastia et Ajaccio

 

François Canonici, Bonifacio à travers ses rues et ses places
Ed a stamperia 2004