L’ancien couvent Saint-François, modeste édifice inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 1976, est un trésor du patrimoine bonifacien. Construit en 1298 par un maître-maçon originaire de Pistoia, sa destinée a traversé les siècles, alternant entre périodes de gloire et d’abandon.

D’une superficie de 760 m², le couvent a connu une occupation chaotique par les moines franciscains. Abandonné dès 1560, il fut réorganisé en 1646, mais signalé comme ruine en 1820. Sa renaissance débute entre 1978 et 1982, sous l’impulsion du maire Xavier Serafino, qui dirige d’importants travaux de restauration. Si le projet initial de musée et de centre universitaire n’a pas vu le jour, le bâtiment trouve une nouvelle vocation en accueillant l’école de musique L’harmonie bonifacienne et un atelier de peinture. Ces initiatives ont permis de combler un vide culturel dans la région et d’offrir aux habitants des espaces d’apprentissage artistique.

Des défis structurels

Cependant, le temps a laissé son empreinte. En 2017, un diagnostic du cabinet Perrot et Richard Architectes met en lumière des désordres majeurs : façades altérées, enduits décollés, menuiseries dégradées, infiltrations d’eau, et problèmes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Ces faiblesses affectent autant la structure que les espaces intérieurs, entravant les usages pour lesquels le couvent avait été réhabilité.

Un futur vibrant pour la culture bonifacienne

Face à ces constats, la commune a lancé un ambitieux programme de réhabilitation intégrale, fidèle à ses orientations stratégiques en matière de patrimoine et de culture. L’objectif est de restaurer le bâtiment et ses abords pour offrir des conditions modernes, sécurisées et adaptées à une pratique culturelle accessible à tous.

Les espaces seront réaménagés pour permettre à l’école de musique et de chant lyriques et à l’atelier de peinture de retrouver leurs locaux initiaux. En parallèle, un nouvel espace pour l’enseignement de la danse et des expressions corporelles sera créé, équipé selon les normes techniques actuelles. Une galerie d’exposition temporaire viendra compléter cet écrin culturel, offrant un lieu de rencontre et d’échange autour des arts.

Avec ce projet, l’ancien couvent Saint-François s’apprête à redevenir un haut lieu de la vie culturelle à Bonifacio.

Le Couvent Saint-François, avant travauxProjection du Couvent Saint-François réhabilité

Suivi de chantier

Après le lancement des travaux à l’automne 2024, une première réunion de chantier s’est tenue le 16 janvier 2025 au Couvent Saint-François, en présence du Maître d’Œuvre – le groupement Perrot & Richard et Amelia Tavela – représenté ce jour-là par l’architecte Wali Kengo. Celui-ci a présenté au Maire Jean-Charles Orsucci, à la Première Adjointe Odile Moracchini, ainsi qu’aux services de la Commune et aux entreprises, les premières avancées du projet.

La première phase du chantier, programmée sur le premier semestre 2025, a porté sur d’importants travaux de gros œuvre concernant les salles intérieures, les façades et l’ensemble de la couverture. Une préparation spécifique a été menée en amont afin de sécuriser le cimetière situé en proximité immédiate du chantier : des dispositifs particuliers ont été mis en place pour protéger les tombes et mausolées situés sous les échafaudages et dans les zones de travaux.

À la rentrée, l’intégralité de l’ancienne toiture a été déposée. Elle a été remplacée par une nouvelle charpente en châtaignier corse, fabriquée dans les ateliers de l’entreprise Les Frères Piacentini, conformément aux savoir-faire locaux et aux exigences patrimoniales du site. La pose des lauzes issues de la carrière d’Orezza sur la partie centrale de la toiture est également intervenue à cette période. Comme pour tout bâtiment ancien, un enjeu majeur d’étanchéité a guidé ces interventions, afin d’assurer la pérennité de l’édifice et la protection des intérieurs.

Tout au long du chantier, une attention particulière a été portée aux éléments anciens présentant une forte valeur patrimoniale. Chaque fois que cela a été possible, les tomettes d’origine, certains sols ou autres éléments significatifs ont été soigneusement déposés pour être restaurés puis reposés ultérieurement, ou protégés in situ pour être conservés dans leur état initial.

À l’automne 2025, les premières couches d’enduit ont été appliquées sur les façades extérieures comme à l’intérieur du couvent. Parallèlement, le choix des menuiseries – et notamment du RAL (Répertoire des Couleurs) – a été arrêté puis validé par l’Architecte des Bâtiments de France (ABF).

Perspectives pour l’année 2026

Le premier semestre de l’année 2026 a été consacré aux travaux d’aménagements intérieurs et aux installations techniques indispensables à l’ouverture future au public. Le bâtiment, destiné à accueillir des associations culturelles et sportives (chant, danse, ateliers…), devra répondre à l’ensemble des normes en vigueur et être doté de tous les équipements nécessaires à son usage.

Parmi les interventions déjà réalisées :

  • La pose des menuiseries ;

  • L’accessibilité, avec la réalisation de la trémie destinée à accueillir l’ascenseur ;

  • Le passage de l’ensemble des réseaux techniques (électricité, plomberie, systèmes de sécurité, etc.).

Les prochaines semaines seront consacrées à :

  • la finalisation de l’enduit extérieur et la pose des gouttières ;
  • la pose des cloisons et des faux-plafonds ;
  • l’appareillage électrique et sanitaire ;
  • après le passage de l’Architecte des Bâtiments de France le 16 juillet, la réalisation des badigeons intérieurs et du sol

Le chantier devrait se terminer avant la fin de l’année 2026.