PLACE DE L’EUROPE

ÉGLISE SAINT-DOMINIQUE

La présence à Bonifacio d’une délégation de Frères Prêcheurs venue de Gênes est attestée dès le 5 novembre 1238.

Conduite par un frère nommé Bonifacius, elle n’est que de passage : elle vient examiner le cas d’une séparation entre deux époux qui nécessite l’intervention d’une autorité ecclésiastique supérieure à celle du curé. Église, clocher et couvent ne sont pas encore bâtis.

La toute première mention de l’église dédiée à Saint-Dominique apparait dans un acte notarié rédigé le 30 novembre 1290 : le testament de Giovanni Marchese di Gavi, génois

À la lumière de la datation portée sur la sépulture de Messer Giovanni de Saliceto trésorier de l’église de Saint-Dominique de Bonifacio et dame Giacomina, son épouse, on sait que l’église est certainement achevée en 1343.

Construite en calcaire blanc de Bonifacio, selon un plan basilical simple à trois vaisseaux terminés par des chevets plats, elle reste le seul édifice de Corse à avoir été conçu à l’origine dans un style totalement gothique. Il est, pour cette époque, l’édifice le plus « moderne » de l’île en matière d’architecture religieuse.

L’édification du clocher octogonal suit de près celle de l’église. Orné du même décor de fleurs à quatre pétales stylisés que celles de la façade de l’église et de son pourtour, l’ensemble attire l’attention de Prosper Mérimée alors inspecteur général des monuments historiques. Il le fait classer au titre des monuments historiques en 1862, c’est le tout premier monument d’une longue liste.

Richement dotée, au cours des siècles par la population et les familles de notables qui demandent à y être enterrées, l’église conserve toujours ses autels en marbre polychrome, ses toiles de peintres génois d’exception (Orazio de Ferrari- Giovan Battista Baïardo), ses sculptures réalisées par de grands ateliers génois (Anton Maria Maragliano, Thomas Orsolino), ses meubles de sacristie en bois de châtaignier… Toute une richesse qui place la cité de Bonifacio en troisième position en matière de patrimoine mobilier de Corse, après Ajaccio et Bastia.