Les « Trésors d’art sacré », voilà des mots qui font rêver, évoquant la chaude lumière de l’or, le vif éclat de l’argent, le scintillement des pierreries. Cela évoque aussi les senteurs mystiques de l’encens, la pénombre secrète des arrières-sacristies, le cliquetis des clefs, le grincement des portes, le crissement des tiroirs. On se sent toujours privilégié quand un prêtre, un gardien ou un sacristain vous accueille dans le silence feutré du saint des saints et vous dévoile, pour un court instant, les objets les plus précieux de leur temple.
Contrairement à certaines régions de France continentale, les églises de Corse regorgent de pièces d’orfèvrerie anciennes. Dans l’île, les guerres, les bombardements, les pillages, les incendies et les révolutions ont épargné une grande part de ces antiquités.
Depuis des siècles, les Corses ont une passion très méditerranéenne pour la religion. Pour eux, rien n’est trop beau pour honorer Dieu, rien n’est assez cher pour exprimer sa foi. Ils ont donné des sommes très importantes afin d’enrichir avec ferveur leurs églises et permettre que le sacrifice de la messe se déroule avec faste.
L’exposition temporaire des Journées Européennes du Patrimoine, dans son édition de 2024 (ouverte depuis le 7 septembre), est en train de révèler au grand public les trésors d’orfèvrerie des églises bonifaciennes.
Mais peut-on comparer ce patrimoine bonifacien avec les trésors les plus prestigieux de l’île ? Que trouve-t-on exactement, de comparable ou de différent, dans les cathédrales d’Ajaccio, de Bastia ou de Calvi ?
La conférence du 21 septembre a présenté un impressionnant corpus d’objets, en allant au-delà d’un simple inventaire à la Prévert.
Michel-Edouard Nigaglioni, historien de l’Art, chercheur au Service de l’Inventaire (Direction du patrimoine de la Collectivité Territoriale de Corse), a restitué lors de la conférence les pièces les plus importantes dans leur contexte local, régional, voire international. Il a également apporté des anecdotes étonnantes et montré des images surprenantes d’objets aussi précieux que méconnus.
Retrouvez l’intégralité de la conférence ici :