CENTRE VILLE
ÉGLISE SAINTE-MARIE-MAJEURE
La présence de l’église Sainte-Marie Majeure est attestée dès le 5 septembre 1222. Un acte notarié est passé « sotto la loggia dinanzi alla chiesa di Santa Marie di Bonifacio » (sous le portique devant l’église sainte Marie Majeure).
Considéré comme l’édifice le plus ancien de la cité, les historiens s’interrogent sur son éventuelle existence lors de la prise de Bonifacio par les génois en 1187. Sertie par les chéneaux qui recueillent les eaux pluviales alimentant la citerne communale située sous la loggia, l’église paroissiale est le centre névralgique de la vie de la Cité. Les affaires publiques, les sentences, les échanges commerciaux se traitent sous la Loggia.
Soumise à la juridiction de l’archevêque de Gênes, l’église a certainement été par le passé « restaurée » ou tout du moins consolidée, tout comme la « Loggia » ou son clocher.
Dès le XVIe siècle, les rapports des visites pastorales attestent de leur mauvais état ou d’un certain « laissé aller ».
En 1650 les représentants de la commune déposent une requête mettant en avant « les conditions scandaleuses dans lesquelles se déroulent le culte et le danger encouru de jour en jour par les paroissiens allant jusqu’à évoquer qu’un jour la majeure partie de la population de Bonifacio sera sous les décombres » : l’église voûtée menace de s’effondrer.
En 1785 il est même proposé de démolir l’église et le clocher au regard de travaux jugés dispendieux : il est proposé de créer « une place publique qui servirait de marché et dégagerait ce quartier trop resserré ».
Classé au titre des Monuments historiques le 21 septembre 1982, elle conserve un ensemble mobilier à la hauteur de la ferveur des paroissiens.
Le maître-autel en marbre veiné blanc, jaune, rouge et vert orné de têtes d’ange à ses extrémités, les autels secondaires en marbre polychrome, la réserve eucharistique, les bénitiers, le baptistaire, la statuaire sont issus d’ateliers de maîtres génois de grande renommée (Giulio Martine, Francesco Maria Schiaffino, Dominico Gagini).
Les toiles qui embellissent les autels tombeaux sont commandé aux peintres corses, « la Cène » (Saverio Farinol), la « Présentation de Jésus au Temple », les « Ames du Purgatoire » (D. Desanti), les « Quatre couronnés », italien « La Vierge de Pitié » (G.Fubini) ou provençal « Apparition du Christ à Saint-Isidore, le laboureur de Madrid »(J.Couston)
L’église, la loggia et son clocher ont surmonté les épreuves du temps. Architecture et décors ont évolué au fil des siècles tout en conservant leur dimension spirituelle originelle.